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 La plume
de François Coppée
(1842-1908)

...Décembre...
Le hibou parmi les décombres
Hurle , et Décembre va finir ;
Et le douloureux souvenir
Sur ton coeur jette encore ses ombres.
Le vol de ces jours que tu nombres ,
L'aurais-tu voulu retenir ?
Combien seront , dans l'avenir ,
Brillants et purs ; et combien , sombres ?
Laisse donc les ans s'épuiser .
Que de l'armes pour un baiser ,
Que d'épines pour une rose !
Le temps qui s'écoule fait bien ;
Et mourir ne doit être rien ,
Puisque vivre est si peu de chose .
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La plume
de Georges de Scudéry
(1601-1667)
...L'hiver...
L'air paraît tout obscur;la clarté diminue;
Les arbres sont tous nus;les ruisseaux tous glacés;
Et les rochers affreux,sur leurs fronts hérissés,
Reçoivent cet amas,qui tombe de la nue.
Tout le ciel fond en eau ;la grêle continue;
Des vents impétueux,les toits sont renversés;
Et Neptune en fureur,aux vaisseaux dispersés,
Fait sentir du Trident,la force trop connue.
Un froid âpre et cuisant,a saisi tous les corps;
Le Soleil contre lui,fait de faibles efforts;
Et cet Astre blafard,n'a chaleur,ni lumière.
L'Univers désolé,n'a plus herbes ni fleurs;
Mais on le doit revoir,dans sa beauté première,
Et l'orage éternel,ne se voit qu'en mes pleurs .
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La Plume 
De Jules Verne
(1828-1905)
...Quand par le dur hiver...
Sonnet
Quand par le dur hiver tristement ramenée
La neige aux longs flocons tombe,et blanchit le toit,
Laissez geindre du temps la face enchifrenée.
Par nos nombreux fagots,rendez-moi l'âtre étroit !
Par le rêveur oisif,la douce après-dinée !
Les pieds sur les genets,il songe,il rêve,il croit
Au bonheur! il ne veut devant sa cheminée
Qu'un voltaire bien doux,pouvant railler le froid !
Il tisonne son feu du bout de sa pincette;
La flamme s'élargit,comme une étoile jette
L'étincelle que l'oeil dans l'ombre fixe et suit;
Il lui semble alors voir les astres du soir poindre;
L'illusion redouble;heureux!il pense joindre
A la chaleur du jour le charme de la nuit !

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La Plume
De Théodore de Banville
1823-1891
...L 'Hiver...
Au bois de Boulogne , l 'hiver ,
La terre a son manteau de neige .
Mille iris , qui tendent leur piège ,
Y passent comme un vif éclair.
Toutes , sous le ciel gris et clair ,
Nous chantent le même solfège ;
Au bois de Boulogne , l'hiver ,
La terre a son manteau de neige .
Toutes les blancheurs de la chair
Y passent , radieux cortège ;
Les Antiopes de Corrège
S'habillent de martre et de vair
Au bois de Boulogne , l'hiver .

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